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Regárd perçant sur le micro-festival Cinemática


Design graphique – Aleksandra Małgorzata Krakowiak (studioaeta)

Il est fort probable que l’équipe de LA Elástica a concocté LA recette parfaite : cinéma et arts visuels d’un pays fascinant, expérimentations sonores, musique électronique et exotico-folklorique, et même activités pour les petits petits ! Oui, ils ont vraiment pensé à tout, et à tous. Cette formule magique s’appelle… Cinemática – Regards perçants sur l’Iran (22 au 25 novembre dernier). Et ce n’est pas qu’un jeu de mots! C’est aussi un micro-festival, dont la première édition est dédiée à l’image et au son d’un pays certes médiatisé, et pourtant méconnu, incompris et débordant de poésie dans son art, dans son peuple et dans ses paysages particuliers.

La soirée d’ouverture était savoureusement garnie. En entrée, on nous montrait le Projet Jafar Panahi, une série de courts-métrages réclamant la liberté du cinéaste iranien controversé Jafar Panahi, dont on entend davantage le nom depuis quelques années, après son incarcération et son interdiction par le gouvernement iranien de faire des films pendant 20 ans. La richesse et l’intensité de ces courts-métrages expérimentaux, conçus par plusieurs cinéastes, ouvraient l’appétit (malgré leur message politique) pour le groupe musical Duo Granatas. Ensemble, un flûtiste iranien et un pianiste lituanien nous rappellaient les festives mélodies tsiganes de la Roumanie, de la Hongrie, avec un petit détour sympathique en Iran. Le duo était suivi du percussionniste Ziya Tabassian, de l’ensemble Constantinople, qui jouait des instruments qui ont sans doute été mis sur la terre seulement pour qu’il en extraie les rythmes les plus divins de notre monde. Sans exagérer. Pour clore la soirée en beauté, sur l’écran de La Elástica était projeté le film Le jour où je suis devenue une femme de Marzieh Makhmalbaf, mais avec une twist ; c’était en fait une réappropriation sonore créée par l’artiste local Nimalan Yoganathan, ajoutant sa propre bande aux longues séquences du film.

 

The White Meadows – Mohammad Rasoulof

Le second soir était un peu plus calme et offrait des projections de longs et courts-métrages, dont une autre réappropriation sonore, cette fois de David Lafrance, du film Turtles Can Fly de Bahman Ghobadi. Cette soirée a permis aux fervents de la culture iranienne de se reposer un peu avant la journée chargée qui les attendait le lendemain,  débutant le matin par des ateliers pour enfants et se terminant tard avec la Booma Collective ! Comme le nom le suggère, c’est un regroupement de musiciens basé à Montréal qui portent le beat dans le sang qui s’occupèrent de faire danser les gens avec leur harmonieux hybride d’électronique, d’expérimental et de lounge. 

Et ce n’est pas une surprise que cette recette se termine avec un plat traditionnel ! Cinemática a clôturé sa toute première édition avec un festin iranien. Je ne vais pas faire semblant d’y avoir goûté par contre, puisque je ne suis arrivée qu’à temps pour le film de clôture. C’est ce regret qui me pousse instinctivement à faire des allusions à la bouffe depuis la première phrase de cet article… C’est The White Meadows de Mohammad Rasoulof qui a clôturé cette première édition, et je suis certaine qu’aucun autre choix n’aurait eu autant d’impact. Les images étaient d’une splendeur mystérieuse; des vastes paysages qui fumaient, des mers pastelles qui se confondaient parfaitement avec le ciel et des burqas noires qui contrastaient sur les vastes paysages clairs. Les scènes étaient à la fois absurdes et accablantes.

Ceci n’est pas une fin! Non seulement l’art émergeant et la projection de films iraniens fera très certainement partie de la programmation future de La Elástica, mais l’équipe est aussi certaine de vous redonner rendez-vous l’an prochain pour une seconde édition de ce festival du son et de l’image!

***

Si vous ne connaissez pas encore La Elástica, le micro-festival Cinématica était loin d’être la seule occasion pour découvrir cette chaleureuse et moderne «plateforme de diffusion culturelle multidisciplinaire qui travaille principalement en audiovisuel, en musique et en art performatif de petit format», selon leur mission culturelle. La Elástica continue ses activités mensuelles et permanentes dont notamment: Friandises (soirées mensuelles de musique experimentale), Movim (soirées mensuelles de musiques du monde). Restez à l’affût des prochains événements expérimento-musico-émergeants à : laelastica.org

auteur | author :: diana

Malgré son diplôme universitaire et sa carrière en gestion d’événements, Diana Srougi est souvent confuse, toujours maladroite, parfois lunatique, assez nerveuse et déjà sénile. Elle boit trop de café et oublie régulièrement de respirer, mais elle gère. // Despite her undergraduate diploma and her career in events management, Diana Srougi is often confused, always awkward, somewhat of a lunatic, rather nervous and already senile. She drinks too much coffee and often forgets to breathe, but she manages.