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Les Hommes et moi : Trouver réconfort dans NDG


Hochelag’ était devenu trop petit. Trop connu. Trop de visages familiers. Trop de sourires à la pelletée. J’étouffais. Je me sentais prisonnière de mon quadrilatère. De mes bars, de mes petits magasins. Mon 3 1/2 délabré que je me décidais pas à rénover, me semblait tout d’un coup laid, froid, vide. Et pourtant, moi qui défendais mes portes d’armoires à volets, ma pôle de rideau pas fixée, pis ma salle de bain exiguë, je me trouvais là, à les détester. Du plus profond de mon être. Qui aime bien châtie bien qui disent. Ouin. Hochelag’ me faisait mal dans mon dedans. Beaucoup. Hochelag’ était devenu le reflet de ma vie, de mon chaos que je n’arrivais pu à accepter, ni à changer faut dire. On ne faisait plus qu’un, pis je trouvais ça ben lourd.

J’ai essayé de me perdre les émotions su’l Plateau. Mais ça aussi, ça pas trop marché. Trop de souvenirs. Trop de moments figés dans les craques de trottoirs. J’ai laissé tomber les randonnées. Je suis sado, mais pas à ce point.

J’ai vécu dans ma chambre en-dessous des couvertes pendant un bon bout de temps. Juste parce que. Pis j’ai survécu grâce à mes aller-retour Hochelag’-RDP. Le hood de mon adolescence me faisait du bien à l’âme. Le rire de ma petite sœur aussi. Ça duré un temps, pis je me suis tannée assez vite du voyagement. L’autobus me donne mal au coeur. Je sais pas trop pourquoi.

Pis ta rencontre m’a amenée à découvrir NDG. À frencher in english (même si toi pis la langue de Shakspeare ça fait deux), et à relover le Esposito, supermarché de mon enfance. Pis là, enfin j’tais bien. J’tais incognito. Invisible. Dans la masse. Pis c’tait parfait de même. Aucune chance de croiser une connaissance. Aucune chance d’avoir des conversations awkward-malaisantes-je-n’ai-rien-à-te-dire-je-suis-depress-sacre-moi-patience. J’étais moi, sans limite, sans tracas, sans flafla. Juste moi pis mon chaos intérieur. Juste moi pis ta main qui flattait mon dos, quand tu sentais mon volcan rugir. Juste moi qui respirait de plus en plus, de mieux en mieux.

On a vécu dans un genre de cocon. Dans une bulle. Dans notre monde. Pis j’aimais ça. Le genre de cocon qui se tisse de lui-même au fil des mois. Y’était pas très solide, mais je m’en foutais. NDG c’était un peu notre forteresse. Le cocon, notre armure. On en prenait soin. Tu en prenais soin. Pis y’a grossi. Vraiment beaucoup. J’étais dans une retraite. Pas besoin d’aller en Inde pour ça. NDG avait tout pour m’aider à me gérer. Des boutiques qui vendaient du linge trop cher pour la commis-blogueuse-journaliste-pigiste-broke-ass que j’étais. Des cafés fancy où je pouvais boire des tonnes de latté pas bons pour ma santé. Des épiceries fines pour les hipsters du coin.

Pis surtout, y’avait toi. Toi qui continuais à tisser le cocon, même quand je te disais que j’y croyais pas trop à tout ça. Toi, qui continuais de me flatter le dos, même si je te disais que je ne méritais pas qu’on s’occupe de moi. Toi, qui continuais de me parler, même quand mes sanglots étaient trop forts et enterraient tes mots. Y’avait toi, pis ça c’tait enough. Vraiment enough.

Merci.

auteur | author :: sony

Amour. Passion. Bouffe. Arts. Culture. Société. Toi. Moi. Les autres. L’Afrique. Le bled. Le Québec. Ma vie. Le cash. L’écriture. Le quotidien. Le futur. Le passé. // Love. Passion. Food. Arts. Culture. Society. You. Me. The others. Africa. Bled. Quebec. My life. Cash. Writing. Everyday life. The future. The past.