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Frida Kahlo, Sans espoir http://www.parisbouge.com/

Frida Kahlo, Sans espoir
Source: parisbouge.com

La première partie de ce texte est ICI 

Maman, je ne te comprends pas. Tu as souffert. Ça, oui, je l’ai saisi. Tu ne m’as pas donné le choix. Avec les choix que tu as faits… M’avoir exposé ainsi ta douleur au visage… Onde de choc. Je constate les dégâts, l’après destruction, mais il manque la cause. À quoi t’attendais-tu avant de venir ici ? As-tu, ne serait-ce qu’une fois, songé à la parole que tu voulais me transmettre?


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Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique Source : fayardhistoiredesarts.wordpress.com

Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique
Source : fayardhistoiredesarts.wordpress.com

La langue de mes parents, je ne sais plus comment la parler. L’ai-je déjà su? Pour me déculpabiliser, j’affirme aux autres qu’au moins je la comprends assez bien, que je n’ai pas tout perdu. Mais, avec le temps, je sens que cette langue m’échappe de plus en plus, qu’elle se détache de moi, emportant avec elle tout un pan d’histoire, dans laquelle je n’ai pas su inscrire ma parole. Cette histoire s’efface. Des tableaux familiaux qui remontent à plusieurs siècles, jusqu’en Chine, s’éloignent de moi, parce que j’ai oublié ma langue maternelle, comme on oublie un livre qu’on ajoute à sa bibliothèque en se promettant de le lire un jour, sans jamais le faire.


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Fallen | Toby Burrows

Fallen | Toby Burrows

Cette nuit je m’endors dans un soupir solitaire. Je me souviens des longs mois passés jadis dans mon appart sur Prud’homme, devant ma cheminée baroque plâtrée. Dans ces temps, je n’aimais que les mots. Dans ma chambre semi-meublée, je riais des histoires, des théories, des profs intelligibles qui sont peut-être morts aujourd’hui. Je leur gueulais à travers ma cheminée que le mot s’invente. Je recevais les insultes. J’avalais les crachats de leur salive.


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Ruby's Room par Anne Noble

Ruby’s Room par Anne Noble

Comme je me comporte bien et que je rentre rapidement avec toute la liste de marchandises, on me confie la tâche de plus en plus fréquemment. Mélinda me passe de ses économies, Nadine me confie la liste. On y retrouve fréquemment du glaçage de gâteau, des jujubes gummie bears, des cloppes et beaucoup d’alcool. Des conneries du quotidien qui ne valent en fait pas grand-chose. J’empoche pourtant les ordres, je me tais bien serrée et, dès que je suis loin de leur vue, je  profite de la liste pour traîner dans les rues.


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Lily Blackeye, 2005. Ryan McGinley

Cher truckeur perse,

On est pas encore arrivés. Après une heure, deux heures, trois heures, quatre heures et cinq heures d’enfants malades imaginaires assis sur la banquette arrière qui énumèrent tout ce qu’ils voient sur la route pis qui me poignardent d’«on est-tu arrivés, là?», j’commence à avoir mal à nos vies…


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Photo: Ren Hang

Pour lire les parties 1 et 2 de cette séquence, c’est ICI et ICI

Quatre ans ont traversé le temps. Mais Montréal guette encore chacun de mes pas. Le ciel n’y crève pas. Le besoin de m’attacher les bras à tes limbes. Aimer te détester. T’insulter dans la salle de bain. Appart Prud’homme. Le plus sombre de ma vie. L’insalubre existence d’une chose baroque. Être la cantatrice de la solitude. N’aimer que les mots. Ma mère dyslexique. Ses dictées enchaînées. Écrire des lexiques. Rire des histoires, des théories, des profs intelligibles. Leur gueuler que le mot s’invente. Recevoir les insultes. Avaler les crachats de leurs salives. Ma mère dyslexique. Ses formules de mathématiques. Sa philosophie cartésienne. Devenir agnostique militante. Douter de toute parole. Ricaner des formules. Aucune chimie scientifique. Ne croire qu’aux super héros. Orgasmes sur fiches mal orthographiées, débauches sur tapis de sol, orgies multi sensorielles.


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Photo: Ren Hang

Pour lire la partie 1, c’est ICI

Saint-Vallier et Saint-Zotique, une croisée de riens. Un dépanneur au coin. Un centre-ville plus bas, plus bas. Un vélo sur le balcon. Les muscles tendus. Rouler jusqu’à Saint-Vallier. Rue du Beau Dommage. Se suicider dans son haut duplex. Des rideaux rouges devant sa fenêtre. Chambres doubles fantomatiques. Qui vit là?


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Photo: Ren Hang

Une femme.

Une femme crie, me chante la joie. Le bruit excisé siffle du fond des trompes. L’infibulée pleure la nuit. Je lui fabrique des robes noires et longues. Des robes de mariées. Des robes de reines. Des robes d’acier. L’excisée se multiplie et forme de longs traits ratés et sales. Maintenant, des milliers d’infibulées dansent. Elles s’envolent au dessus de ma tête, me fixent, m’envahissent, m’assomment et s’élèvent. Elles me fouettent le visage, me chatouillent les aisselles. Mon corps secoué dans un salon de néon. Impossibilité de soutenir les regards des excisées. Elles pâlissent. Forment des rangées. Deviennent néon. Mes yeux plissés laissent couler deux lames. Puis deux autres longent le nouveau chemin tracé. Puis deux autres.


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Illustration par Nania Sergi naniasergi.com

Pour lire la partie I, II et III de cette séquence, c’est ICIICI et enfin ICI

Je t’ai pas raconté ma belle histoire. Je me suis contentée de serrer mon sac avec mes souliers à paillettes rouges écarlates de marque There’s no place like home. À la place, tu me racontes de tes cochonneries. Tu sens un de tes chandails sales pis tu me le lances au visage. En l’enlevant de devant mes yeux, ta face est déjà rendue là devant la mienne. Tu retiens le chandail sale pis oui il pue ton chandail que tu checkais l’odeur. Tu le serres autour de mon cou faque j’essaie tout de suite de penser à l’Autre que toi pour m’enfuir. Mais c’est trop tard.


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