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Frida Kahlo, Sans espoir http://www.parisbouge.com/

Frida Kahlo, Sans espoir
Source: parisbouge.com

La première partie de ce texte est ICI 

Maman, je ne te comprends pas. Tu as souffert. Ça, oui, je l’ai saisi. Tu ne m’as pas donné le choix. Avec les choix que tu as faits… M’avoir exposé ainsi ta douleur au visage… Onde de choc. Je constate les dégâts, l’après destruction, mais il manque la cause. À quoi t’attendais-tu avant de venir ici ? As-tu, ne serait-ce qu’une fois, songé à la parole que tu voulais me transmettre?


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Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique Source : fayardhistoiredesarts.wordpress.com

Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique
Source : fayardhistoiredesarts.wordpress.com

La langue de mes parents, je ne sais plus comment la parler. L’ai-je déjà su? Pour me déculpabiliser, j’affirme aux autres qu’au moins je la comprends assez bien, que je n’ai pas tout perdu. Mais, avec le temps, je sens que cette langue m’échappe de plus en plus, qu’elle se détache de moi, emportant avec elle tout un pan d’histoire, dans laquelle je n’ai pas su inscrire ma parole. Cette histoire s’efface. Des tableaux familiaux qui remontent à plusieurs siècles, jusqu’en Chine, s’éloignent de moi, parce que j’ai oublié ma langue maternelle, comme on oublie un livre qu’on ajoute à sa bibliothèque en se promettant de le lire un jour, sans jamais le faire.


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©Mehdi Naoufel

Rencontre-moi au parc, le court-métrage écrit et réalisé par Paule Beaudoin est un projet réalisé uniquement par des artistes de la relève montréalaise. Notre very own Mehdi Naoufel a participé au film et nous en témoigne la grande poésie dans les clichés qui suivent.


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alamemeetoile.net

alamemeetoile.net

Pour lire la première partie de cet article, c’est ICI

Au Cambodge, j’ai mangé le meilleur durian de ma vie en compagnie de mon amie Marie-Pierre.  Avant notre arrivée en Asie, Marie-Pierre, n’ayant jamais goûté à ce fruit, s’était préparée pour cette expérience unique qui s’est concrétisée en trois étapes.

Étape 1 : Se montrer ouvert à goûter à de nouvelles saveurs. 

Étape franchie avec brio : Marie-Pierre aimait tellement découvrir de nouveaux aliments qu’elle s’efforçait d’apprendre leurs noms dans la langue du pays pour avoir plus de plaisir à les commander.


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Thomas Fuller/The International Herald Tribune

Crédit photo: Thomas Fuller – The International Herald Tribune

Lors d’une journée d’été ensoleillée de mon enfance, j’attendais que ma mère revienne du Kim Phat, un supermarché asiatique où elle faisait ses courses au moins une fois par mois. J’avais hâte de manger mon banh mi au porc, sandwich vietnamien, et de boire mon jus à la noix de coco avec pulpe, qu’elle m’achetait toujours. Cette fois-là, ma mère rentra aussi avec un fruit tropical, enveloppé dans du papier journal, qui sortait vraiment de l’ordinaire. C’était un durian. De tous les fruits, le durian est celui qui a l’aspect le plus repoussant. Il s’agit d’une énorme masse ovoïde jaune verdâtre qui comporte quelques rainures et des piquants sur toute sa surface. Il mesure environ 30 centimètres de longueur et 15 centimètres de diamètre.


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Piments rouges

Source : pixabay.com

En 1979, mes parents sont partis du Laos et ont immigré au Québec avec tout plein de rêves en tête. Mon père, qui avait 25 ans à l’époque, s’exprimait en français avec un accent aussi fort que les piments qu’il mettait dans sa salade de papaye.


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Fallen | Toby Burrows

Fallen | Toby Burrows

Cette nuit je m’endors dans un soupir solitaire. Je me souviens des longs mois passés jadis dans mon appart sur Prud’homme, devant ma cheminée baroque plâtrée. Dans ces temps, je n’aimais que les mots. Dans ma chambre semi-meublée, je riais des histoires, des théories, des profs intelligibles qui sont peut-être morts aujourd’hui. Je leur gueulais à travers ma cheminée que le mot s’invente. Je recevais les insultes. J’avalais les crachats de leur salive.


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Fallen | Toby Burrows

Fallen | Toby Burrows

Sarah avait terminé ses études en droit. Elle bossait pour sa multinationale. Se laissait humilier gentiment.

Oum el Dounia est arrivée d’on ne sait où. Elle voulait se libérer de sa burka pour devenir une femme. Une vraie.

Sherine glandait dans l’attente de la vie. Elle étudiait un peu n’importe quoi dans toutes les universités de Montréal. Elle n’apprenait rien mais son passe-temps donnait un sens à sa quête. Elle était plus lesbienne que moi et elle s’en faisait beaucoup alors elle avait choisi ça comme grande excuse pour son errance.

Mélinda avait choisi de laisser sa vie de pute millionnaire pour retrouver quelque chose quelque part à Montréal. Je n’ai jamais compris quoi mais elle ne s’en va nulle part, alors elle reste.


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Olivia Sparks, 2010. Ryan McGinley

Pour lire la première partie de cette séquence, c’est ICI.

Quitter Montréal, se trouver un pseudo pour se faire filmer pis se dire qu’on va marketer son besoin de violence. Annoncer au premier agent qu’on sera Léa M. Torn et qu’il faut écrire Mélinda Boucher sur ses chèques. Ouvir son premier compte en banque à vie, commander sa première batch de chèques. Ton vieil agent qui joue le rôle paternel en tripotant le cul devant la file de zombies en ligne à la Bank of America. Me semble que les gens veulent pas commencer leurs vie d’adulte de même.


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Photo: Ren Hang

Pour lire les parties 1 et 2 de cette séquence, c’est ICI et ICI

Quatre ans ont traversé le temps. Mais Montréal guette encore chacun de mes pas. Le ciel n’y crève pas. Le besoin de m’attacher les bras à tes limbes. Aimer te détester. T’insulter dans la salle de bain. Appart Prud’homme. Le plus sombre de ma vie. L’insalubre existence d’une chose baroque. Être la cantatrice de la solitude. N’aimer que les mots. Ma mère dyslexique. Ses dictées enchaînées. Écrire des lexiques. Rire des histoires, des théories, des profs intelligibles. Leur gueuler que le mot s’invente. Recevoir les insultes. Avaler les crachats de leurs salives. Ma mère dyslexique. Ses formules de mathématiques. Sa philosophie cartésienne. Devenir agnostique militante. Douter de toute parole. Ricaner des formules. Aucune chimie scientifique. Ne croire qu’aux super héros. Orgasmes sur fiches mal orthographiées, débauches sur tapis de sol, orgies multi sensorielles.


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